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lle est la littérature, elle ne se réduit pas à
un genre. Elle surgit le plus souvent où on l’attend le moins.
Preuve de son prestige ou imposture suprême, pareille à Dieu
pour le croyant, elle règne. Elle féconde l’insaisissable.
Toute uvre digne de ce nom nourrit l’esprit et les sens. De
Montaigne aux Mémoires d’Hadrien, en passant par La
Bruyère, Racine, Rousseau, Chateaubriand et Proust, il n’est
pas un sommet qui ne relève de ses pouvoirs.
La poésie, c’est une voix
singulière et plurielle à la fois. Tout ou presque la
nourrit, dès qu’un rythme emporte le lecteur. La découverte
recrée une émotion. Cette dernière a suscité
la page. Elle attend de renaître entre les lignes. Elle appréhende
la précarité, attise l’existence. L’aporie
multiplie le désir, sans négliger l’éclatement
des leurres.
Par la poésie, le dérisoire
devient parfois capital, l’horreur sublime. À relire Steiner,
l’indispensable révèle son néant, tandis que
la poésie transforme tout ce qu’elle met en bouche. Aucune
magie en cela ; l’image n’est pas tout. L’art du
langage réalise l’équilibre du ton, du sentiment et
de l’intelligence. [Pierre Perrin]
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n trouvera dans ces pages divers poèmes anciens et d’autres
frais parus, voire inédits encore. Le lecteur curieux pourra donc
relire, outre le tout premier poème écrit et publié
à 19 ans, Prose pour un temps de mort,
divers poèmes de Manque à vivre : Poings
lâchés comme des loups, un poème de la révolte
adolescente, la
parole éparse à propos de la mère inaccessible
ou crue telle, les premiers poèmes du désir avec Criée
de la conscience ou de la déréliction dans la
bourrasque. Ce sont là des extraits d’un volume qui
compte 250 pages. Le suivant, Le Temps gagné, paru
en 1988, reprend moins de matière. Le sonnet Lumière
d'hiver donne cependant un avant-goût de ce qui fut un fort
volume, écrit presque dune traite. Une
cécité visionnaire rappelle, si nécessaire,
qu’un artiste est libre. Les poèmes de La Vie crépusculaire,
nombreux, résultent d’un long travail, d’un approfondissement.
Quant aux inédits, le dernier paru en revue, reste le Vertige
de vivre. Mais voici le dernier écrit, La
haine en larmes, avec son brouillon pour les curieux. Ce qui compte,
c’est la rencontre plus que le lieu où cette dernière
s’échafaude. Heureuse lecture donc à l’amateur
et à l’ami de quelque âge qu’il vienne ou déjà
s’en aille.
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