PORTRAIT D’UN POÈTE CONTEMPORAIN

UN BRUISSEMENT D’EAU CLAIRE SUR LES CAILLOUX

À Jean-Yves Debreuille

Celui qui s’en allait par les mimosas sous la lampe
Portait la terre entre ses mains, d’un seul jambage.
Ses dons de Niagara lui avaient fait saisir l’amour
De biais, le temps d’une seconde et d’une éternité.
 
Elle était apparue la dernière sur le quai de la gare.
La géorgique brûle ; sa fumée est celle d’une corde.
Il lui manquera non l’aventure, mais de se perdre.
La passion à peu près seule mesure les précipices.
 
Il écrivait pour prolonger le souvenir de ses parents,
Pour atteindre à tâtons à la margelle de lui-même.
Chacun de ses poèmes est un rapide qu’on remonte.
 
Le faisceau de sa lampe coupait la barrière de l’octroi.
Elle s’enfonçait en lui, qui reculait en elle. Au dernier
Mot, on l’a porté en terre, où fleurit l’œuvre trémière.

[Des jours de pleine terre, à paraître]

 
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