|
|
||||||||||||||||||||
| COUPLE MODERNE |
||||||||||||||||||||
|
Beaux visages du vivre, tout l’amour va vers vous,
un seul nom lui ressemble.
ous sommes de ce temps qui n’avoue pas son nom, un couple
cardinal, presque sans faille, quoique sans signature. Chacun chez soi. Pourtant plus fidèle,
attentif, prévenant, tu mourrais. L’un soupèse à
travers sa fenêtre la vigne. L’autre chaussé des bottes
même de son double arpente une forêt. Ensemble ils tendent
les cordes du cœur. Celles-ci vibrent si bien à l’unisson
qu’ils se retrouvent, dans la surprise d’un empire, sur
des terres et des fleuves cachés. Indomptés, indomptables souvent,
sauf de leurs enfants à la ferme tendresse, ils barattent au
nid le miel qui les assemble. L’amour se signe avec les lèvres.
Toute la terre l’enregistre, quand une écluse tout à
coup les élève tous deux. Ils se fondent en une sorte de navire de
haut bord qui appareille pour les îles, sans souci de revenir.
Ils se lèvent l’un l’autre
le foc, la misaine. Le nautonier parti à la renverse parfois
s’oublie, en pur nautile. Le ressac compte peu, les éléments
tiennent entre eux. Les bras clignent sur les reins comme des paupières
sur le ciel. Cependant ils dérivent et la mer
alentour prend la couleur et la saveur des fruits. Le corps entier en
un instant mûrit. Et tandis que le mât de toutes ses
fibres tire la nef sous le ciel, le soleil ruisselle à la nouvelle
du bonheur. Ils ont ensemble dépassé ce
que nul ne sait vaincre. Ils vont revenir de leur saisie aux mains ouvertes. Toi, mon voyage toujours nouveau, tu me
tends toutes tes rives ; je te rends des échos toujours plus
habités. Notre bonheur tourne sans bruit sur ses
points cardinaux – ensemble jusque dans la terre. |
||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||
| Haut de page | ||||||||||||||||||||