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| LA PLÉNITUDE |
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ù en es-tu de ta descente (ou de ton ascension, mais de
quoi) ? On échange si peu du sel qui porte notre vie. On ne connaît
guère qu’un toucher rêche ou humide, un silence dépecé.
Erreur, dit le croyant ! L’âme un jour volera –
le corps désintégré. Longtemps la mort n’est qu’un
papier qu’on déchire. C’est un royaume sans frontières,
sans terre ni mer, ni ciel, sans personne. Le jour où elle fracture
le cœur, éclate un vrai collier de perles. L’espace
demeure ; le temps tintinnabule. À la panique cède
la raison. Nous disposons de peu pour pénétrer
l’histoire (un feu froid, sans nous). La moindre inattention nourrit
le néant. Le calme s’accompagne de la lente montée
d’un étonnement. La paix exige à l’occasion
la dynamite, le chaos qui s’exalte, la foudre, le cerveau soufflé. Les désirs maîtrisés,
pourtant, la vie respire au large, à l’abondance s’abandonne.
La vie gagnée, on parle sans trembler du royaume des morts. – Le poète propose
une carte de l’inconnu, mais aucune langue déliée
ne garantit que les yeux n’étaient pas crevés. [Des jours de pleine terre, à paraître] |
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