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| MANQUE À VIVRE, POÈMES DES PREMIERS TEMPS | ||||||||||||||||||||
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POINGS LACHÉS COMME DES LOUPS [poème du bâillon]
’un jour à l’autre et, plus pénétrante,
revivrons-nous l’angoisse ? Ah ! mains nues, que nous puissions
être justes ! Nous vivrons avec des visages tristes au
milieu de nous ! Mais, poches retroussées, battantes au
vent, le cœur libre et riche, peu importera que quelques-uns soient
idiots ! À notre goût, nous vivrons. Ce sera pour ce voyage au départ
improbable, si longuement remis, aux rêves plus chargés.
Ce sera pour ce silence incrédible et l’agressivité
comprise en impatience alors et sans nom. Mais nous verrons des corps détruits
? Peut-être même faudra-t-il
lacérer des uniformes, écraser dans l’asphalte un
à un des mots d’ordre ? « Ne plus chercher qu’à
apaiser ! » Il est trop de venin pour chaque seconde
aux cœurs en forme de prison. (Là, ces poignets violacés
pour avoir trop happé la vie !) On nous assène en masse de partir.
C’est pour ne pas salir, de nos barricades bariolées, leur
ville où roulent nos amis dans des fossés. On nous dit
assez de ne pas être fous, quand nous tremblons. Il faudra que nos enfants sourient. Chacun
les voudra plus violemment ouverts que soi. Oh ! la petitesse à
trotter vers la tombe… Solitaires, avec notre cordon ombilical
d’espoirs, de mains et nos cris. |
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