PORTRAIT D’UN POÈTE CONTEMPORAIN

IL N’Y A PAS D’EXIL

Pérol, derrière ta rage et tes ruées dans l’exercice littéraire,
Comme l’esprit hausse ta vie qui hausse ton esprit sans fin,
Ton désespoir est gouailleur, et ton rire de fin diamant noir
Dénoue l’innombrable amante aimée, chantée ta vie durant.
 
Tu es le poète dont l’ombre a pris les mesures de la clarté.
Te lire, c’est pénétrer l’épaisseur du monde avec au cœur
Un regard-lumière, le genou de Gengis Khan ployé par la
Tendresse et le feu. Ce que j’attends de toi, c’est l’attente.
 
C’est de toi. L’attente a l’odeur de racine amère de tes vers.
Tes vers extraient l’amour de la cruauté, ils barrent la mort.
Où la tendresse est acide, la pluie de ton poème lave l’âme.
 
On t’ignore ? Qu’importe, non. Mais laisse là les frivoles.
Les énucléés de l’âme finiront bien par trouver l’essentiel.
Tu as cherché l’issue. Le sésame, c’est la vie tout entière.

Pierre Perrin [inédit — Lire la présentation critique de l’œuvre de Jean Pérol]

 
Haut de page