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| PORTRAITS DE POÈTES CONTEMPORAINS | ||||||||||||||||||||
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« Il est doux de voir ses amis par goût et par
estime ; il est pénible de les cultiver par intérêt
; c’est solliciter. »
Paris, le ciel pourlèche
vos paupières. Coudes serrés, chapeau, cravate, vous parlez
fort, de tous côtés, et riez de vos bons mots croisés
comme des lames. La certitude dans les talons, la campagne ne m’a
guère appris à ricocher entre les hommes. Le moindre bruit, même débonnaire,
me fait taire.
La pauvre vie, la vie toute nue, notre unique
trésor à la tombe promis, qui tremble de sombrer chaque
matin plus fort, nous porte comme la mer. Êtes-vous paquebot,
je me sens un esquif. Pourtant nous partageons de proches embruns. Chacun se livre, aveugle et sourd, à
son secret Un cœur de rose à traverser de
part en part s’ouvre, se déploie, qui toujours davantage
élève son chant. La poésie m’aura fait vivre
à ma mesure ; je n’en veux pas à l’horizon.
Lorsque mes dents se serreront pour la dernière fois, je redirai
merci. Que germe alors, ou non, le silence fertile. [Des jours de pleine terre, à paraître] |
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