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PORTRAIT D’UN POÈTE CONTEMPORAIN |
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rand et plus carré qu’un lutteur de foire, les cheveux
de sel marin bouclés d’enfance, il sourit derrière
des écailles. Le puits est d’humanité, la margelle
de bienveillance. Il ne célèbre pas pour rien le génie
des fables. Il vient de plus loin encore. Le sang d’Ithaque
coule dans ses veines. Une ride, des yeux au menton, lui imprime à
la dérobée une lyre sur le visage. Libre, il chante la
même mort que les mots, les astres et les monstres. Et comme dans une gravure s’épure la lumière,
chez lui la clarté s’épaissit. Cependant il se prête
à son public. Vierges de toute tyrannie, les doigts longs et
nets accompagnent l’élocution. La paume gauche, parfois
pour une secrète précision, lui sert de fourche ou bien
se porte un instant à la renverse. Des dieux par terre à
sa propre lévitation, il n’y a pas de mensonge plus
véridique, de plus candide hypocrisie. Peu importe qu’il ne demeure aucune
échappatoire. Il s’est donné à sa parole,
il n’attend pas de récompense. PIERRE PERRIN [poème inédit, 1997] |
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© Florence |
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