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LA
VIE SUSPENDUE |
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lle était la tempétueuse, au secret, à la peau
plus belle que les blés d’août. Les moindres souhaits
décuplés, l’appétit entre ses bras restait
insatiable. Le temps gambadait, s’asseyait, repartait
de plus belle. Les alpages n’avaient pas de fin ; haut dans le
ciel filaient les charters. Des vallées ne montait qu’une
rumeur sans importance. À la renverse, sans rien craindre de
la terre, il écoutait, subjugué, ses angoisses légères.
Il la faisait rire à gorge déployée. Tous deux
se trouvaient comme les bras d’un fleuve dans la mer. À chaque instant elle devrait surgir, l’appeler, lui rendre la vie. Son regard s’est éteint, sa secrète odeur volatilisée. Les doigts en l’air se figent pareils à des arbres d’hiver. |
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