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os bouches, sur la grand-place, soulevaient le bâillon.
Sous les tilleuls de France, en mai et juin, cette année-là,
Le ciel, par-delà lHimalaya, retransmettait votre
révolte
À mains levées, sans arme entre les dents quun
sourire.
Mais en croix devant un tank, au pas, lespoir se brouille.
Les chenilles écrabouillent, larmée fauche
les incrédules.
Lécran vide, la place grise, les procès
claquent au secret.
Pas de bombes. Les droits de lhomme nont
pas cillé.
Si chaque homme quon abat ensanglante lespèce,
Les sanglots ny font rien. Cest à peine
si la honte
Éclaire les enfants. On se dit : je noublierai
jamais.
Lhorreur recommence. Les morts se taisent, profond.
Cest eux quon oublie les premiers, toujours, partout.
Pierre
Perrin, inédit
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